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Dégustations, histoires et terroirs à partager

Par Fabian Barnes

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2024 - fraicheur et plaisir, Le Fruit d’un long combat

Lecture en 2 min

2024 fut un millésime d’efforts ardus, où la nature a mis les vignerons à l’épreuve semaine après semaine. Après des années de chaleur et d’équilibre, Bordeaux retrouve un profil plus frais, plus humide, exigeant une vigilance constante face au mildiou et à la pourriture. Pourtant, malgré les obstacles, la région signe des vins sincères, bien buvants, digestes. Des rouges légers, fruités, des blancs frais et aromatiques, des liquoreux délicats et purs. En 2024, les meilleurs crus sont nées d’une très exigeante rigueur.

Analyse météo

L’année s’ouvre sur un hiver doux mais exceptionnellement pluvieux, rendant les travaux de taille difficiles et retardant le débourrement. Le printemps reste frais et instable, avec des gelées fin avril qui touchent certains secteurs sensibles. Le mildiou, précoce et tenace, s’installe dès la troisième semaine d’avril, imposant une attention permanente au vignoble.

La floraison, en juin, se déroule sous un temps humide, entraînant coulure et millerandage, notamment sur le merlot. L’été, plus sec à partir de juillet, relance la croissance, mais la véraison reste étalée. Août, chaud et lumineux, redonne confiance, favorisant une maturation lente et homogène. En revanche, septembre alterne pluies et fraicheur et un long épisode pluvieux à partir du 20 compromet une partie des vendanges de merlot. Les cabernets, récoltés plus tard, bénéficient d’un temps plus stable et d’une belle fenêtre climatique jusqu’à mi-octobre.

Dans le Sauternais, l’alternance de périodes humides et sèches favorise une botrytisation rapide et régulière, donnant naissance à des moûts purs et aromatiques.

Rive droite

Sur la rive droite, 2024 fut une année d’hétérogénéité. Les terroirs argilo-calcaires de Saint-Émilion ont offert des merlots frais, élégants, délicats. La chair est fine, le fruit éclatant, soutenu par une acidité bien présente. Les zones plus humides montrent davantage de souplesse, et souvent de la dilution, mais propose toutefois une aromatique séduisante. Les meilleurs Pomerol proposent de jolis équilibres et leur suavité naturelle. Une rive droite sincère, dominée par la simplicité, la fraîcheur et le fruitée.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves ont profité d’une météo plus clémente en fin de saison. Les cabernets sauvignons qui ont pu être vendangés tard, présentent un profil classique : couleur intense, tanins fins, structure droite. Ils contribuent très nettement à la qualité de l’assemblage final. Margaux, Saint-Julien, Pauillac, Saint-Estèphe, les meilleurs crus expriment leur rigueur avec des vins francs, nets, équilibrés, sans excès. À Pessac-Léognan, les rouges séduisants exprimment une certaine droiture, de la fraîcheur et un fruité éclatant.

Blancs secs

Jolie réussite pour les blancs secs. L’absence de canicule et la fraîcheur des nuits ont permis de préserver des équilibres acides. Les sauvignons très aromatiques expriment des notes de zeste de citron, de pamplemousse et de fleurs blanches ; les sémillons, sur des terroirs appropriés, ajoutent ampleur et suavité. Lorsque les graves sont profondes, celles-ci livrent des vins droits, précis, vibrants, au style pur et cristallin.

Liquoreux

Millésime relativement favorable aux liquoreux. Le botrytis s’est développé tôt et de façon homogène, permettant des tries successives nettes et régulières. Les vins sont purs, un “rôti” bien développé : arômes d’abricot confit, de miel et de fruits exotiques. Certes la bouche manque de chair mais elle et néanmoins savoureuse et équilibrée. . Des liquoreux fins, harmonieux, d’une élégance classique — la douceur de la précision.

Conclusion

2024 ne restera pas dans les annales comme un millésime d’exception, mais comme celui de la résilience. Grâce à la vigilance et la ténacité des vignerons, Bordeaux livre des vins francs, frais et accessibles.

Le tour des appellations – Coups de cœur

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2023 - Le jeu des contrastes

Lecture en 2 min

2023 s’annonce comme une année contrastée et surprenante. Si le vignoble bordelais a connu de fortes pressions de mildiou et des épisodes climatiques extrêmes, les vins produits se distinguent par leur fraîcheur, leur typicité et leur élégance. Moins uniformes que 2022, ils offrent une grande variété de profils selon les terroirs et les choix de vinification. Un millésime de nuances, où la finesse prime sur la puissance pour les rouges — la grâce pour les blancs.

Analyse météo

Le millésime 2023 débute par un hiver frais et peu ensoleillé, retardant le débourrement et épargnant les vignes du gel printanier. Le printemps, alternant douceur et fraîcheur, favorise la pression du mildiou, obligeant les vignerons à une vigilance constante. Heureusement, le mois de mai, chaud et sec, assure une floraison rapide et homogène, sans coulure ni millerandage.

L’été les orages s’enchaines et la vigne poursuit sa croissance : la véraison, très irrégulière, s’étale sur un mois. Enfin, à partir de la mi-août, le temps bascule : chaleur intense, sécheresse. Le mois de septembre chaud et lumineux profite à la maturation et aux vendanges des blancs secs et merlots précoces mais les pluies annoncées pour le 20 du mois laissent craindre la pourriture et précipitent certaines récoltes. Les vendanges, s’échelonnent jusqu’à octobre pour les Cabernet sauvignon qui pouvaient attendre. Les conditions climatiques ont été très favorable au développement de la pourriture noble, et le temps secs et particulièrement chaud jusqu’a la mi-octobre ont permis une belle concentration des raisins destinés aux liquoreux.

Rive droite

Sur la rive droite, la diversité des situations domine tant la pression du mildiou puis de la pourriture distingue les parcelles et les crus. Les terroirs dit froid, calcaires et argilo-calcaires, ont donné des merlots frais, fruités, à la texture veloutée. Les sols plus chauds ont produit des vins plus denses, parfois un peu fermes. La part de Cabernet Franc dans l’encépagement qui ont pu patienter après les pluies à toute son importance. Une rive droite particulièrement nuancée où la main du vigneron a été capital.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves signent un millésime très contrasté, mais souvent brillant sur les grands terroirs. Les cabernets sauvignons réussis sont ceux qui ont pu traverser la semaine de pluies de septembre et pleinement profiter du climat d’octobre. Cela se montrent profonds, racés, d’un classicisme éclatant. Une rive gauche certes incomparable à 2022, mais marquée par de belles réussites sur les sols profonds et bien drainés.

Blancs secs

Les blancs secs sont l’un des points forts du millésime. Préservés des excès de chaleur jusqu’à la mi-août, ils présentent une fraîcheur éclatante et un éclat aromatique remarquable. Les sauvignons sont tendus, sapides, très expressifs, tandis que les sémillons ajoutent moelleux et complexité florale. Les graves profondes livrent des blancs lumineux, pleins, d’un équilibre parfait entre tension et gras. Des vins éclatants, à la fois purs et gourmands — admirables de précision.

Liquoreux

Le Sauternais signe un très grand millésime. Grâce à une alternance idéale d’humidité et de chaleur à la mi-septembre, le botrytis s’est installé précocement et de manière homogène. La concentration des baies fut rapide et naturelle. Les vins allient richesse, intensité aromatique et fraîcheur superbe. Arômes de miel, d’abricot confit, de fruits exotiques et de fleurs blanches. Des liquoreux puissants mais équilibrés, dans la lignée des grandes années récentes.

Conclusion

2023 est un millésime hétérogène dominé par la réussite éclatante des blancs et des liquoreux. Les rouges ne brillent pas mais les meilleurs ravissent les palais par leur potentiel aromatique et la finesse de leurs structures ; ils reflètent assez fidèlement l’expression des terroirs.

Un Bordeaux de contrastes et de clarté, où la main du vigneron a dû guider la nature avec finesse — la précision dans la diversité.

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2022 - La grâce de la chaleur maîtrisée

Lecture en 2 min

Après la trilogie 2018-2019-2020, 2022 s’impose comme un millésime d’exception, né d’une année extrême. Un été brûlant, une sécheresse record… et pourtant, Bordeaux a signé des vins d’un équilibre saisissant. La vigne, forte de son expérience, a su puiser en profondeur, livrant des raisins concentrés mais d’une fraîcheur remarquable. Des rouges puissants et soyeux, de bons blancs secs, des liquoreux rares mais fins : 2022, c’est la grâce de la chaleur maîtrisée.

Analyse météo

Le millésime 2022 restera dans les mémoires pour sa sécheresse : un hiver sec, un printemps chaud, puis un été exceptionnellement aride. Pourtant, la vigne n’a pas souffert autant qu’attendu. Les pluies de juin et d’août ont permis de relancer la maturation. Les vendanges, précoces, se sont déroulées dans une atmosphère sereine. Les raisins étaient petits, à la peau épaisse, riches en tanins et en couleur, mais dotés d’un jus étonnamment frais. 2022 démontre que Bordeaux sait désormais apprivoiser la chaleur sans perdre son équilibre.

Rive droite

Sur la rive droite, les merlots, récoltés tôt, offrent des vins pleins, veloutés, d’une maturité douce. Le Libournais brille par la qualité de ses plateaux calcaires : fruits noirs précis, tanins fins, bouche élancée. Les graves de Pomerol, plus solaire, exprime un velours sensuel et une profondeur suave, sans lourdeur. 2022 c’est la consécration du Cabernet-franc : dense, intense, frais et exaltant. Une rive droite de grand équilibre, charnue et lumineuse.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves confirment le potentiel des grands cabernets sauvignons en année chaude. Les tanins sont d’une finesse magistrale, les fruits éclatants, les structures impeccablement tenues. Saint-Julien, toujours modèle d’homogénéité, affiche une régularité impressionnante. Pauillac atteint une maturité idéale : densité, fraîcheur, allonge majestueuse. Saint-Estèphe livre des vins pleins d’énergie, droits et terriens. Margaux charme par ses notes florales et son raffinement aérien. À Pessac-Léognan, les rouges conjuguent puissance et élégance, équilibre et profondeur. Une rive gauche solaire mais ciselée, vibrante d’énergie et de grâce.

Blancs secs

Année chaude, mais pas si mal pour les blancs secs. Les nuits fraîches d’août et septembre ont préservé la tension aromatique. Les sauvignons sont varietaux et livrent des arômes d’agrumes et de fleurs blanches ; les sémillons plus exigeants ajoutent gras et texture quand ils sont réussis. Les meilleurs vins sont droits aromatiques et savoureux.

liquoreux

Le Sauternais a souffert du manque d’humidité, limitant le développement du botrytis. Il a fallut pouvoir patienter jusqu’à octobre pour enfin voir le champignon. Les vendanges de septembre sont essentiellement passerillées. Pour ceux qui ont attendu mi-octobre, les volumes sont faibles mais les moûts sont incroyablement riches et intenses. Les vins produits offrent une grande profondeur, une belle complexité digne des très grands millésimes avec moins de vivacité.

Conclusion

2022 est une démonstration de maîtrise et de résilience. Malgré la chaleur, Bordeaux a livré des vins complets, équilibrés, vibrants. Les rouges sont puissants mais gracieux, les blancs malgré des conditions peu favorables sont lumineux, les rares liquoreux botrytisés splendides.

Un millésime de plénitude et de modernité, où la chaleur devient lumière — la grâce de la chaleur maîtrisée.

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2021 - La fraîcheur retrouvée

Lecture en 2 min

Après trois années de chaleur et de plénitude, 2021 marque le retour à la fraîcheur. Une année plus septentrionale dans son style, qui rappelle les grands classiques d’autrefois. Les vins affichent des degrés modérés, des tanins fins, une tension éclatante. Un Bordeaux délicat, précis, porté par l’élégance et la vivacité du fruit. 2021, c’est la grâce retrouvée de la légèreté.

Analyse météo

Le cycle de 2021 fut exigeant. Un printemps froid et humide a provoqué de fortes gelées en avril, réduisant les rendements sur certaines zones. Le début d’été, pluvieux et frais, ralentit la maturation, avant qu’un mois de septembre lumineux et sec ne renverse la tendance. Cette fin de saison magnifique, accompagnée de nuits fraîches, a permis une maturité lente et complète sur les terroirs bien drainés. Les vendanges, tardives, se sont déroulées sous un ciel clair. Les raisins sont équilibrés : sucres modérés, acidité préservée, tanins fins. 2021, c’est le triomphe de la patience et de la précision.

Rive droite

Sur la rive droite, 2021 s’exprime dans un registre élégant et fluide. Les merlots, mûrs sans lourdeur, livrent des vins d’un fruit éclatant, avec une fraîcheur naturelle et une belle allonge. Saint-Émilion retrouve un style classique : vins droits, raffinés, vibrants, où la minéralité calcaire sublime le fruit rouge. Pomerol, plus concentré, garde son velouté typique, mais dans une expression plus mesurée et florale. Dans les Côtes, Castillon et Francs livrent des rouges sincères, vifs, dynamiques, portés par une belle énergie. Une rive droite fraîche, lisible et harmonieuse.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves livrent des vins d’un éclat rare. Les cabernets sauvignons, récoltés à maturité lente, offrent des rouges droits, fins, d’une pureté aromatique saisissante. Saint-Julien séduit par son équilibre et sa régularité ; Pauillac par sa tension et sa précision ; Saint-Estèphe par sa droiture et son grain ferme mais poli. Margaux retrouve la grâce florale qui fait sa renommée, tandis que Pessac-Léognan livre des rouges d’une distinction sobre, tout en finesse. Une rive gauche élancée, élégante, d’une grande lisibilité — la beauté du classicisme retrouvé.

Blancs secs

2021 est une année exceptionnelle pour les blancs secs. Les conditions fraîches ont favorisé des maturités lentes et des équilibres cristallins. Les sauvignons brillent par leur éclat d’agrumes, leur pureté et leur tension minérale, tandis que les sémillons ajoutent de la rondeur et de la complexité. Les graves profondes signent des vins tendus, salins, précis, d’une intensité aromatique superbe. Des blancs vibrants, droits et lumineux — parmi les plus beaux de la décennie.

Liquoreux

Année difficile pour le Sauternais, frappé par le gel et une botrytisation tardive, mais les crus les plus patients ont produit des vins d’une grande finesse. Moins riches, mais d’un équilibre exemplaire, ils offrent des notes de miel léger, d’abricot frais et de fleur d’acacia. Des liquoreux subtils, aériens, d’une délicatesse rare. Une réussite fragile mais précieuse.

Conclusion

2021 signe le retour de la fraîcheur et de la délicatesse. Les rouges sont précis, digestes, d’un équilibre cristallin ; les blancs, superbes, tendus, lumineux ; les liquoreux, gracieux et raffinés. Un millésime sincère, qui réaffirme le style bordelais dans sa plus noble simplicité.

La fraîcheur retrouvée, l’élégance du naturel.

Le tour des appellations – Coups de cœur

*(Sélection issue des dégustations primeurs)*

**Saint-Émilion :** Pavie-Macquin, Larcis Ducasse, Canon, Clos Fourtet, La Gaffelière

**Pomerol :** La Conseillante, Clinet, Gazin

**Castillon & Francs :** Clos Puy Arnaud, Domaine de l’A, Joanin Bécot

**Fronsac :** Fontenil, La Vieille Cure, Moulin Haut-Laroque

**Pessac-Léognan :** Smith Haut Lafitte, Domaine de Chevalier, Les Carmes Haut-Brion, Pape Clément, Malartic-Lagravière

**Médoc & Haut-Médoc :** La Lagune, Sociando-Mallet, Potensac

**Saint-Julien & Pauillac :** Léoville-Barton, Léoville-Poyferré, Gruaud Larose, Lynch-Bages, Pichon-Comtesse, Grand-Puy-Lacoste

**Margaux :** Brane-Cantenac, Rauzan-Ségla, Giscours, Malescot Saint-Exupéry

**Liquoreux :** Rieussec, Coutet, Suduiraut, Doisy-Daëne, Guiraud

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2020 - La profondeur tranquille

Lecture en 2 min

2020 clôt une trilogie exceptionnelle à Bordeaux (2018–2019–2020) en rouge. Plus sobre que 2018, plus vibrant que 2019, il incarne l’équilibre parfait entre densité et fraîcheur. Un millésime de concentration naturelle, mûr sans chaleur, dense sans excès. Des vins à la fois charnels et droits, profonds mais lumineux. 2020, c’est la sérénité après la maîtrise — la profondeur tranquille. A contrario, les blancs secs frais et fruité manquent de stature, les liquoreux ont beaucoup souffert de ce début d’automne, les rares réussis sont tout de même gourmand.

Analyse météo

L’année débute par un hiver doux et humide, suivi d’un printemps précoce et instable. Le mois de mai apporte chaleur et floraison rapide, mais l’été, chaud et sec, resserre les rendements. Malgré quelques stress hydriques localisés, les vignes bien enracinées ont résisté grâce à un été équilibré, ponctué d’orages salvateurs en août. Les vendanges, précoces, se déroulent dans des conditions idéales : journées chaudes, nuits fraîches, maturité homogène. Les raisins sont petits, concentrés, aromatiques, dotés d’une acidité naturelle qui soutient la richesse du millésime. 2020, c’est l’équilibre né du contraste : la puissance et la tension réunies.

Rive droite

Sur la rive droite, 2020 offre des vins d’une intensité sereine. Les merlots, riches mais frais, livrent des rouges amples, élégants, profonds, d’une texture caressante. Saint-Émilion se distingue par son éclat et sa pureté : fruits noirs juteux, tanins veloutés, allonge saline. Les terroirs calcaires confèrent cette énergie minérale qui équilibre la générosité du fruit. Pomerol, plus rond, exprime la densité et la douceur du millésime, tout en gardant un grain précis. Dans les Côtes, Castillon et Francs livrent des vins sincères, vibrants, pleins de fraîcheur. Une rive droite lumineuse, sensuelle et équilibrée.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves signent une année d’une homogénéité impressionnante. Les cabernets sauvignons, mûrs et précis, donnent des vins ciselés, tendus, profonds. Saint-Julien incarne l’élégance : équilibre, droiture, finesse, éloquence. Pauillac impressionne par sa densité racée, sa profondeur. Saint-Estèphe séduit par sa vigueur et sa constance. Les Margaux sont tout doux, suaves, ronds et chauds pendant que Pessac-Léognan livre des rouges gourmand à souhait alliant droiture et sensualité. Une rive gauche architecturée, droite et lumineuse — Bordeaux dans sa forme la plus pure.

Blancs secs

L’été chaud et sec laissait craindre le pire. Heureusement, les sols ne manquaient pas d’eau et conjugués avec des nuits fraîches ont permis d’obtenir des vins relativement frais et savoureux. Les sauvignons sont moins aromatiques qu’en 2019 mais les sémillons relativement réussis ajoutent de la rondeur et de la complexité et apportent la suavité à ce millésime.

Liquoreux

Année difficile pour le Sauternais, avec une botrytisation tardive et particulièrement hétérogène et compliquée. Les crus les plus rigoureux ont néanmoins produit des vins raffinés, d’une grande finesse. Arômes d’abricot, d’agrumes, de fleurs blanches, de noix et de notes grillées. Des liquoreux discrets mais élégants.

Conclusion

2020 clôt une trilogie exceptionnelle avec brio. Les rouges sont intenses, précis, d’un équilibre magistral. Grande année à rouges, petite année à blancs : malgré tout les blancs secs sont savoureux et les liquoreux subtils et fins. Un millésime de maturité et de maîtrise, puissant sans excès, vibrant sans dureté.

Un Bordeaux serein, profond et lumineux — la profondeur tranquille.

Le tour des appellations – Coups de cœur

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2019 - L’évidence du fruit

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2019 incarne le retour à l’harmonie naturelle. Une année lumineuse, équilibrée, où la maturité s’est installée sans excès. Les vins allient profondeur et fraîcheur, intensité et grâce. Après les tensions climatiques de 2018, Bordeaux signe un millésime d’évidence : des rouges purs, expressifs, précis, d’un équilibre presque parfait. Le charme et la clarté — voilà la signature de 2019.

Analyse météo

L’année 2019 commence sous un hiver doux et sec, suivi d’un printemps instable, ponctué d’averses qui certes reconstituent les réserves hydriques mais perturbent la floraison. Puis, à partir de mi-juin, un été chaud et lumineux s’installe, sans excès de sécheresse grâce à quelques pluies salvatrices variables selon les régions. En août, les journées ensoleillées alternées de nuits fraîches permettent une maturation lente qui se prolonge en septembre. Les vendanges, menées sous un temps serein, offrent des raisins d’un équilibre naturel remarquable : riches sans lourdeur, préservant une bonne acidité. 2019, c’est l’évidence du climat juste.

Rive droite

Sur la rive droite, 2019 exprime la douceur d’un merlot mûr et frais. Saint-Émilion brille par sa finesse et sa précision : celle d’un fruit noir éclatant, des tanins soyeux, une allonge fraîche et minérale. À Pomerol, la maturité parfaite des raisins donne des vins voluptueux, d’une texture caressante, soutenus par une belle fraîcheur interne. Une rive droite d’équilibre, charnelle et vibrante.

Rive gauche

Si les merlots ont tout aussi bien profité du mois de septembre, la récolte des cabernets sauvignon s’est étalée jusqu’à la mi-octobre. Les raisins les plus mûrs ont une belle richesse en sucre tout en maintenant une bonne acidité en accord avec un tannin ferme. La particularité des terroirs conjuguée à la proportion de l’encépagement Merlots/Cabernets dessine la diversité des vins du médoc.

Blancs secs

Les blancs secs 2019 conjuguent ampleur et éclat. Les nuits fraîches ont permis de conserver tension et vivacité malgré la chaleur estivale. Les sauvignons livrent des arômes d’agrumes mûrs, pamplemousse, lime et des arômes exotiques de mangue très caractéristiques ; les sémillons apportent rondeur, texture, suavité. Les graves profondes signent des blancs amples, lumineux, à la fois riches et frais. Un millésime de droiture et d’énergie.

Liquoreux

Année très compliquée pour le Sauternais, la pourriture noble a tardé à s’installer et les pluies en flots continues de fin septembre à fin octobre ont laissé très peu de fenêtres propices à des tris qualitatives. Au prix d’une sélection drastique et de rendements ridicules quelques liquoreux sont fins et lumineux frais et gourmand.

Conclusion

2019 est un pur Bordeaux d’école septentrional. Les rouges marient intensité du fruit et fluidité de bouche avec selon les région une structure tannique plus ou moins ciselée ; les blancs unissent générosité, richesse et tension ; les rares liquoreux brillent, au delà du vin, par l’exigence et la ténacité des vignerons.

La justesse du fruit, la lumière du terroir — l’évidence du millésime.

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2018 - La puissance sereine

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2018 ouvre un nouveau cycle à Bordeaux : celui d’un équilibre retrouvé entre maturité et précision. Après un début de saison difficile, la nature a offert une fin d’été parfaite, permettant de produire des vins spectaculaires d’intensité et de pureté. Denses mais harmonieux, riches mais frais, les 2018 marquent un sommet moderne du style bordelais. Une année de puissance sereine, lumineuse et parfaitement maîtrisée.

Analyse météo

L’année commence sous la pluie : un hiver provoquant un retard de débourrement puis un printemps très humides favorisant un mildiou foudroyant sur feuilles, sur grappes, les orages de grêle n’arrangent rien, l’inquiétude est largement palpable chez les vignerons devant faire face à tant de pressions. A partir de juillet, le temps change radicalement : un été chaud, sec, lumineux, sans excès de canicule, s’installe durablement. Les vignes reprennent vigueur, la maturité progresse lentement mais sûrement. Septembre et octobre, ensoleillés et secs, permettent des fin de maturité complètes et des vendanges sereines et tardives. Les raisins sont splendides : petits, concentrés, à la peau épaisse, avec des tanins mûrs et une acidité étonnamment fraîche. 2018 est un millésime d’exception né du contraste entre abondance solaire et rigueur technique.

Rive droite

Sur la rive droite, 2018 offre des vins d’une sensualité contenue. Les merlots, d’une maturité parfaite, livrent des rouges charnus, veloutés et profonds. Saint-Émilion brille par l’équilibre de ses vins entre ampleur et droiture, des tannins structurants mais soyeux. À Pomerol, la richesse naturelle du millésime s’exprime dans une texture moelleuse , duveteuse, et un fruité intense noir et pur. Dans les Côtes, notamment à Castillon et Francs, mais aussi à Fronsac et Canon Fronsac les rouges se distinguent par leur densité et leur éclat. Une rive droite festoyante où puissance et fraîcheur se confondent.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves signent de grands vins. Les cabernets sauvignons, parfaitement mûrs, offrent des structures monumentales dans un parfait équilibre. Pauillac impressionne par sa densité monolithique et ses longueurs intarrissable. Saint-Estèphe s’accorde un tannin plus affirmé mais aussi un fruité plus vivifiant. Saint-Julien affiche la générosité, du fruit du jus, du fruit du jus… Plus au sud, et probablement parce que le merlot est plus abondant, et que mildiou et grêle ont été plus intense qu’au nord, les vins de Margaux assurément gourmand à souhait affichent une arrogance juvénile liée à l’alcool un peu frontal et un tannin ciselant. Pessac-Léognan aussi revêt une pointe alcooleuse mais cette trame crayeuse qui est la sienne enveloppée de fruit gourmand et sa chair juteuse en font une réussite du millésime . Une rive gauche puissante, lumineuse, symbole d’un Bordeaux exceptionnel en particulier au nord.

Blancs secs

Les blancs secs 2018 sont tendre, gourmand, parfois solaires, et pour les plus réussis équilibrés par un aromatique d’agrumes mûrs généreux; les sémillons, en particulier sur argilo-calcaire, apportent volume et suavité. Des vins charmeurs, pleins, plus ronds que tendus, peu éloquents mais savoureux.

Liquoreux

Année complexe pour le Sauternais, marquée en premier lieu par une attaque massive, intense, du mildiou ; puis des orages de grêle destructeurs. L’automne chaud et ensoleillé favorise le passerillage mais pas le développement de la pourriture noble qu’il faudra attendre mi-octobre pour des vendanges fin octobre. Les crus les mieux notés ont toutefois produit des vins superbe : puissants, riches, aux arômes de fruits confits, de miel, d’ananas rôti et d’épices douces. La plus part manquent de fraicheur et d’élégance qu’octroie un botrytis magnifiquement développé, ils ont même pour certains une tendance à s’empâter. Malgré cela ces liquoreux sont profonds, voluptueux et savoureux.

Conclusion

2018 est un grand millésime de modernité maîtrisée. Des rouges somptueux ; des blancs secs charmeurs ; des liquoreux généreux. Un Bordeaux à la fois intense et apaisé, qui allie force et transparence.

Une année de maturité tranquille, où la puissance se fait harmonie — la puissance sereine.

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2017 - La précision après l’épreuve

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2017 fut un millésime d’émotion et de résilience. Marqué par les épisodes de gel du mois d’avril, il mit à rude épreuve le vignoble bordelais. Pourtant, les propriétés épargnées ou bien situées ont su produire des vins superbes, fins, précis, portés par une grande fraîcheur. Après la puissance des 2015 et 2016, 2017 incarne la délicatesse et la justesse : un Bordeaux ciselé, sincère et lumineux.

Analyse météo

Le millésime 2017 débute sous de bons auspices : un hiver sec, un printemps précoce, une floraison rapide et homogène. Mais dans la nuit du 26 au 27 avril, deux gelées successives frappent durement certaines zones, en particulier dans les bas de coteaux et les plaines. Les parcelles préservées, notamment sur les plateaux calcaires, les graves profondes et les pentes bien exposées, poursuivent un cycle régulier. L’été, chaud et sec, favorise une maturation rapide, tandis que septembre, ensoleillé et ventilé, permet des vendanges précoces et sereines. Les raisins sont concentrés, équilibrés, d’une grande pureté. 2017 récompense la précision du travail humain et la valeur des grands terroirs.

Rive droite

Sur la rive droite, les terroirs calcaires et argilo-calcaires, moins touchés par le gel, ont brillé. Les merlots, mûrs sans excès, livrent des vins pleins de fruit, au toucher velouté et à la fraîcheur naturelle. Saint-Émilion exprime toute sa grâce : droiture, équilibre, tanins fins et allonge minérale. Pomerol, plus solaire, séduit par sa texture onctueuse, son fruit noir éclatant et ses tanins soyeux. Dans les Côtes, notamment à Castillon et Francs, les vins se montrent précis, lumineux, d’un style digeste et harmonieux. Une rive droite d’élégance et de pureté, concentrée sans lourdeur.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves s’en sortent remarquablement. Les cabernets sauvignons, parfaitement mûrs, donnent des vins équilibrés, droits, d’un éclat classique. Saint-Julien incarne la justesse et la régularité : tanins soyeux, trame allongée, fruit pur. Pauillac brille par sa densité mesurée et sa fraîcheur mentholée. Saint-Estèphe se distingue par son énergie et sa profondeur, sans rusticité. Margaux charme par sa souplesse et son parfum floral, tandis que Pessac-Léognan livre des rouges délicats, persistants, d’une très belle pureté. Une rive gauche élégante, racée, qui conjugue finesse et précision.

Blancs secs

Très belle réussite pour les blancs secs. Les conditions climatiques ont favorisé la vivacité et la netteté aromatique. Les sauvignons livrent des arômes d’agrumes, de fleurs et de fruits à chair blanche, soutenus par la rondeur des sémillons. Les vins sont tendus, précis, salins, d’une grande élégance. Un millésime lumineux, parfait pour les amateurs de blancs fins et ciselés.

Liquoreux

Année difficile pour le Sauternais, frappé par le gel et marqué par une botrytisation tardive et irrégulière. Les crus les mieux situés ont cependant réalisé des vins d’une belle pureté, plus légers mais d’une précision remarquable. Arômes d’abricot frais, de miel blanc, de fleurs d’oranger. Des liquoreux élégants, aériens, au charme délicat. Peu de volumes, mais une grâce indéniable.

Conclusion

2017 incarne la finesse et la résilience. Un millésime de sélection, mais aussi de clarté : les vins sont droits, précis, frais, et déjà délicieux. Les rouges conjuguent élégance et harmonie, les blancs brillent par leur éclat, les liquoreux par leur légèreté.

Un Bordeaux sincère, précis, fidèle à ses terroirs — la précision après l’épreuve.

Le tour des appellations – Coups de cœur

*(Sélection issue des dégustations primeurs)*

**Saint-Émilion :** Pavie-Macquin, Larcis Ducasse, Canon, Clos Fourtet, La Gaffelière

**Pomerol :** Clinet, La Conseillante, Gazin, Beauregard

**Castillon & Francs :** Clos Puy Arnaud, Domaine de l’A, Joanin Bécot

**Pessac-Léognan :** Smith Haut Lafitte, Domaine de Chevalier, Pape Clément, Les Carmes Haut-Brion, Malartic-Lagravière

**Saint-Julien & Pauillac :** Léoville-Barton, Léoville-Poyferré, Gruaud Larose, Lynch-Bages, Pichon-Baron, Pontet-Canet, Grand-Puy-Lacoste

**Margaux :** Brane-Cantenac, Rauzan-Ségla, Giscours, Malescot Saint-Exupéry

**Liquoreux :** Yquem, Rieussec, Coutet, Suduiraut, Doisy-Daëne

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2016 - La grâce innatendue

Lecture en 2 min

2016 fut un millésime paradoxal : un printemps détrempé, un été brûlant, puis un automne miraculeux.
Ce qui aurait pu virer à la catastrophe s’est transformé en grâce.
Les cabernets ont atteint une maturité parfaite, donnant des rouges denses mais frais, d’une précision remarquable.
Les deux rives ont rarement été aussi homogènes : Bordeaux a retrouvé l’équilibre qu’on croyait réservé aux grands classiques.
Un millésime de garde, mais déjà irrésistible par son harmonie naturelle.

Analyse météo

Le cycle végétatif de 2016 fut tout sauf paisible.
Un printemps long, froid et pluvieux a retardé la croissance, provoquant des inquiétudes sur la floraison et le mildiou.
Puis, brusquement, la météo bascule : à partir de juillet, un été chaud et sec s’installe durablement.
Les vignes souffrent parfois, les baies restent petites et concentrées.
Mais la pluie du 13 septembre change tout : elle relance la maturation sans diluer.
Un “été indien” lumineux, des nuits fraîches et des vendanges tardives assurent un équilibre rare : richesse phénolique, acidité fine, tanins polis.
Un miracle d’équilibre – densité, fraîcheur, droiture – sans excès d’alcool ni de chaleur.

Rive droite

Sur la rive droite, 2016 offre une pureté exceptionnelle.
Les merlots, mûrs mais jamais lourds, allient profondeur et éclat de fruit.
Les vins de Saint-Émilion respirent la justesse : fruits noirs précis, tanins ciselés, allonge minérale.
Les terroirs calcaires et argilo-calcaires ont particulièrement brillé, donnant des vins d’une grâce tranquille.
Castillon, Francs ou Fronsac atteignent eux aussi un niveau historique : la fraîcheur naturelle de leurs sols a sublimé la concentration de l’année.
Une rive droite intense, sincère et vibrante, où la densité se marie à la finesse.

Rive gauche

2016 marque le grand retour des cabernets sauvignons mûrs et racés.
Dans le Médoc, la maturité lente a permis d’atteindre un équilibre parfait entre puissance et précision aromatique.
Saint-Julien se distingue par sa régularité exemplaire, Pauillac par sa densité et Saint-Estèphe par sa tendresse inattendue.
Margaux reste plus inégal, mais les meilleurs crus rayonnent d’élégance florale.
À Pessac-Léognan, les rouges séduisent par leur trame soyeuse et leur droiture : le fruit est pur, les tanins précis, les finales éclatantes.
Une rive gauche classique, droite et longiligne – tout Bordeaux dans sa définition la plus noble.

Blancs secs

2016 n’est pas une grande année pour les blancs secs, mais les réussites sont franches.
Les graves profondes ont permis de conserver fraîcheur et tension malgré la chaleur estivale.
Les meilleurs vins se distinguent par leur netteté aromatique et leur pureté : notes d’agrumes, de fleurs blanches et de pierre chaude.
Moins charnus que 2015, mais plus vifs et allongés : un style élégant et digeste, à boire sur la finesse.

Liquoreux

Année de passerillage plus que de botrytisation, 2016 donne des liquoreux équilibrés, floraux et délicats.
Moins opulents que les grands millésimes, ils charment par leur légèreté et leur fraîcheur.
Des vins digestes, lumineux, d’un charme immédiat – la grâce sans le sucre.

Conclusion

2016 réconcilie classicisme et modernité.
Les rouges affichent une régularité impressionnante, le fruit est pur, les tanins raffinés, les finales pleines d’énergie.
Les blancs sont nets, les liquoreux charmeurs sans excès.
Un millésime complet, profond, vibrant : Bordeaux dans son plus bel équilibre.
La grâce bordelaise, sans effet, juste la précision.

Le tour des appellations – Coups de cœur

(Sélection issue des dégustations primeurs)

Rive droite : Pavie-Macquin, Larcis Ducasse, Canon, Clos Fourtet, Troplong Mondot, Petit Village, Gazin, Clinet, Clos Puy Arnaud, Joanin Bécot, Domaine de l’A, Fontenil, Vray Canon Bouché.
Rive gauche : Léoville Barton, Gruaud Larose, Beychevelle, Talbot, Pichon Comtesse, Lynch-Bages, Pontet-Canet, Haut-Bages Libéral, Calon-Ségur, Lafon-Rochet, Haut-Marbuzet, Brane-Cantenac, Lascombes, Du Tertre, Domaine de Chevalier, Smith Haut Lafitte, Pape Clément.
Blancs secs : Domaine de Chevalier, Fieuzal, Latour-Martillac, Malartic-Lagravière, Smith Haut Lafitte, Carbonnieux, Fontenille.
Liquoreux : Yquem, De Fargues, Coutet, Doisy-Daëne, Guiraud, Rabaud-Promis, La Tour Blanche, Grand Peyruchet, Château du Mont.

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2015 – La chaleur domptée

Lecture en 2 min

Un printemps lumineux, un été chaud et sec, puis des pluies salutaires en septembre : 2015 a tout d’un millésime solaire, mais équilibré.
Les raisins ont mûri lentement, donnant des rouges généreux, veloutés, sans lourdeur.
Les grands terroirs ont su conserver fraîcheur et éclat, offrant des vins à la fois charnus et harmonieux.
Un Bordeaux séducteur, plein de chair et de promesses, au charme classique et à la garde assurée.

Analyse météo

2015 s’ouvre sur un hiver doux, suivi d’un printemps idéal : floraison homogène, peu de maladies, feuillages sains.
L’été, chaud et sec, provoque un stress hydrique sur les sols superficiels, mais les pluies de la mi-septembre arrivent à point nommé, redonnant souffle et équilibre aux vignes.
Les vendanges, sereines et tardives, se déroulent sous un temps clair.
La maturité phénolique est complète, les tanins sont ronds, et l’acidité bien présente.
Tout le paradoxe du millésime tient là : la richesse d’un été chaud, tempérée par la précision d’un automne frais.

Rive droite

2015 est un millésime d’exception pour la rive droite.
Les merlots, profitant des argiles et calcaires, ont donné des vins amples, au fruit noir éclatant, portés par une texture veloutée et une fraîcheur rare.
Saint-Émilion signe des vins d’une sensualité presque bourguignonne, pleins et soyeux, où la maturité ne vire jamais à la lourdeur.
Les terroirs argilo-calcaires de Castillon ou de Francs rivalisent parfois avec les crus classés, portés par des tanins très fins et une énergie minérale qui équilibre la chaleur du millésime.
Un grand classicisme de la rive droite, à la fois dense et aérien.

Rive gauche

Année d’un éclat remarquable pour le Médoc et les Graves.
Les cabernets, particulièrement réussis, présentent une maturité rare : concentration, fraîcheur mentholée, droiture.
Les vins de Saint-Julien et de Pauillac affichent une tenue exemplaire, avec des tanins fermes mais polis et une grande précision aromatique.
Saint-Estèphe, plus tendre qu’à l’accoutumée, a livré des vins charmeurs.
Margaux, légèrement plus solaire, brille sur ses terroirs les plus profonds, offrant des vins parfumés et fins.
Enfin, Pessac-Léognan se distingue par une régularité exemplaire : un équilibre presque parfait entre puissance et élégance.

Blancs secs

Les blancs secs 2015 sont amples, riches, dorés par le soleil mais d’un éclat surprenant.
Les meilleurs terroirs de graves ont préservé leur tension, donnant des vins expressifs, denses, mais sans excès d’alcool.
Notes de fruits exotiques et de pêche mûre, soutenues par une minéralité noble : un style plus charmeur que tendu, mais d’une grande classe.

Liquoreux

2015 figure parmi les belles réussites récentes du Sauternais.
Les alternances de chaleur et d’humidité ont permis une botrytisation progressive, donnant des vins d’une pureté exemplaire.
Les plus beaux crus allient puissance et finesse, sucre et fraîcheur, avec des arômes d’abricot confit, de miel et de zeste d’agrumes.
Des liquoreux lumineux, élégants, pleins de sève et de gourmandise.

Conclusion

2015 incarne l’élégance du Bordeaux solaire : richesse sans lourdeur, charme sans facilité.
Les rouges sont charpentés, les tanins ciselés, les blancs amples et précis, les liquoreux d’une grande pureté.
Un millésime complet, harmonieux, d’une homogénéité rare entre les deux rives.
Déjà délicieux dans sa jeunesse, il vieillira avec grâce – la preuve qu’à Bordeaux, la chaleur peut rimer avec équilibre.

Le tour des appellations – Coups de cœur

(Sélection issue des dégustations primeurs)

Saint-Émilion : Pavie-Macquin, Troplong Mondot, Trottevieille, Clos Fourtet, Canon, Larcis Ducasse, Beauséjour Bécot, Rol Valentin, La Gaffelière.
Pomerol : Gazin, Clinet, Le Bon Pasteur, La Croix de Gay, Beauregard.
Castillon & Francs : Domaine de l’A, Clos Puy Arnaud, Joanin Bécot, Veyry, d’Aiguilhe, Ad Francos, Marsau.
Fronsac : Fontenil, Moulin Haut Laroque, La Vieille Cure, Vray Canon Bouché.
Pessac-Léognan : Smith Haut Lafitte, Les Carmes Haut-Brion, Pape Clément, Malartic-Lagravière, Domaine de Chevalier, Latour-Martillac, Olivier.
Médoc & Haut-Médoc : La Lagune, Sociando-Mallet, Potensac, Cambon-la-Pelouse.
Saint-Julien & Pauillac : Léoville Barton, Léoville Poyferré, Gruaud Larose, Branaire-Ducru, Lynch-Bages, Pichon Comtesse.
Margaux : Brane-Cantenac, Rauzan-Ségla, Giscours, Malescot Saint-Exupéry.
Liquoreux : Rieussec, Guiraud, Lafaurie-Peyraguey, De Malle, Rabaud-Promis, Doisy-Védrines.

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2014 - La renaissance de la fraîcheur

Lecture en 2 min

2014 marque le retour du classicisme bordelais dans toute sa splendeur. Après plusieurs millésimes difficiles, Bordeaux retrouve un équilibre naturel : un été tardif mais idéal, des raisins sains, des maturités complètes. Des vins précis, lumineux, portés par la fraîcheur et l’énergie. Ni trop chauds, ni trop austères, ils incarnent le juste milieu, la tension maîtrisée. 2014, c’est la renaissance de la fraîcheur et de la confiance.

Analyse météo

L’année débute par un hiver doux et humide, suivi d’un printemps régulier. Le mois d’août, frais et nuageux, inquiète un temps les vignerons… avant qu’un miracle ne survienne : septembre et octobre sont magnifiques, chauds, secs, ensoleillés, avec des nuits fraîches qui préservent l’acidité. Les raisins mûrissent lentement, parfaitement, dans des conditions idéales. Les vendanges, tardives mais sereines, livrent des baies concentrées, riches en tanins et en couleur, avec un équilibre acide impeccable. Le climat a fait le tri : 2014 est une leçon de patience récompensée.

Rive droite

Sur la rive droite, 2014 séduit par sa netteté et sa sincérité. Les merlots expriment un fruit clair, éclatant, d’une grande précision. Saint-Émilion offre des vins équilibrés, tendus, soutenus par la fraîcheur calcaire et une belle allonge minérale. Les tanins sont fins, polis, sans excès de maturité. Pomerol rayonne dans un registre de grâce et d’harmonie : chair soyeuse, fruits rouges et noirs, texture fluide. Dans les Côtes, notamment à Castillon et Francs, les rouges sont francs, juteux, digestes, portés par une tension naturelle. Une rive droite claire, équilibrée, vibrante — toute en justesse.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves retrouvent leur visage classique. Les cabernets sauvignons, parfaitement mûrs, livrent des vins racés, droits, d’une belle structure. Saint-Julien affiche une homogénéité exemplaire, sur des tanins précis et une fraîcheur mentholée. Pauillac impressionne par sa profondeur et sa tenue, entre densité et élégance. Saint-Estèphe, vigoureux et concentré, brille par sa droiture et son éclat de fruit. Margaux charme par sa grâce florale et sa texture veloutée. À Pessac-Léognan, les rouges allient pureté aromatique, tanins soyeux et équilibre aérien. Une rive gauche classique, tonique, d’une beauté linéaire et pleine d’énergie.

Blancs secs

Excellente année pour les blancs secs. Les conditions de fin de saison ont permis une maturation lente et complète, préservant tension et complexité. Les sauvignons livrent des notes d’agrumes, de buis et de fleurs blanches ; les sémillons apportent ampleur et gras. Les graves profondes signent des vins droits, précis, salins, d’une grande élégance. Des blancs cristallins, purs, à la fois riches et nerveux.

Liquoreux

Superbe millésime pour le Sauternais. Les brouillards matinaux et les après-midis ensoleillés de septembre ont favorisé une botrytisation progressive et régulière. Les vins sont d’une grande pureté aromatique, équilibrés par une acidité fine. Arômes de fruits confits, d’écorce d’orange, de miel et de fleurs blanches. Des liquoreux fins, aériens, d’une longueur harmonieuse. La noblesse de la légèreté.

Conclusion

2014 signe le retour de la précision et du classicisme. Les rouges sont élégants, frais, expressifs ; les blancs lumineux et tendus ; les liquoreux d’une pureté remarquable. Bordeaux retrouve son identité : équilibre, droiture, et énergie.

Un millésime serein, construit sur la clarté et la maîtrise — la renaissance de la fraîcheur.

Le tour des appellations – Coups de cœur

*(Sélection issue des dégustations primeurs)*

**Saint-Émilion :** Pavie-Macquin, Larcis Ducasse, Canon, Clos Fourtet, La Gaffelière

**Pomerol :** La Conseillante, Gazin, Clinet

**Castillon & Francs :** Clos Puy Arnaud, Domaine de l’A, Joanin Bécot

**Pessac-Léognan :** Smith Haut Lafitte, Domaine de Chevalier, Pape Clément, Malartic-Lagravière, Les Carmes Haut-Brion

**Saint-Julien & Pauillac :** Léoville-Barton, Léoville-Poyferré, Gruaud Larose, Lynch-Bages, Pichon-Baron, Pontet-Canet, Grand-Puy-Lacoste

**Margaux :** Brane-Cantenac, Rauzan-Ségla, Giscours, Malescot Saint-Exupéry

**Liquoreux :** Yquem, Rieussec, Coutet, Suduiraut, Doisy-Daëne

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2013 - Le millésime de l’adversité

Lecture en 2 min

2013 restera comme l’un des millésimes les plus éprouvants des dernières décennies à Bordeaux. Une année où la météo a imposé son tempo, où chaque fenêtre de ciel clair devenait précieuse. Entre l’hiver interminable, le printemps froid et détrempé, la floraison chaotique, la grêle d’été et la pourriture fulgurante de septembre, les vignerons ont dû faire preuve d’une vigilance extrême.

Pourtant, malgré la difficulté, certaines réussites existent : des blancs secs d’une fraîcheur éclatante, des liquoreux splendides — parmi les plus fins de la décennie — et, dans le rouge, quelques crus valeureux portés par la précision du travail humain. 2013 est un millésime de contraste, où la grâce est rare mais d’autant plus admirable lorsqu’elle apparaît.

Introduction

Je ne sais pas comment commencer ce dossier primeur. 

Vous expliquer la teneur des défaillances du millésime prendrait des pages. C'est la plus grande catastrophe viticole en terme de qualité attendue qu'il m'ai été demandé de commenter. Les volumes ne se portent pas mieux : Par rapport aux quelques 6,5 millions d’hectolitres que produit le Bordelais chaque année, cette année 2013 atteint péniblement 4 millions d'hecto !

Même le millésime 1992, tant décrié était, à mon palais, meilleur. 

Floraison impossible, grêle, pourriture. Des deux saisons, printemps, été, concernées, pas une période n'a été clémente pour produire au moins des vins simples mais équilibrés.

Certaines propriétés ont décidé de ne pas produire de vin alors que d'autres n'ont même pas eu le choix. Certaines propriétés ont décidé de faire seulement des rosés... 

Bref, comme on dit ici : « c'est la cata ! ».

Analyse météo

L’année commence sous la pluie : un hiver saturé d’eau, froid et sombre, qui retarde le débourrement. Le printemps ne fait qu’accentuer le malaise : températures basses, sols asphyxiés, végétation pâle, 434 mm de pluie entre janvier et mai, floraison tardive et catastrophique, entraînant coulure et millerandage massifs.

Le mois de juillet, chaud et lumineux, laisse espérer un redressement, mais les orages violents et la grêle viennent briser cet élan. La vigne, jamais soumise à la contrainte hydrique, ne parvient pas à arrêter sa croissance et ne concentre pas ses tanins.
Août se stabilise, mais trop tard.

En septembre, seule la première semaine est favorable. Puis la pluie revient, dégradant les pellicules et provoquant une pourriture grise d’une vitesse exceptionnelle, parfois en une nuit. Les vendanges rouges se déroulent sous pression constante.

Une seule constante :
aucune des cinq conditions d’un grand millésime rouge à Bordeaux n’a été remplie.

Ces cinq conditions, traditionnellement retenues pour les grands rouges bordelais, sont :

  1. Une floraison précoce et rapide, sous un temps sec, permettant une bonne fécondation, des rendements satisfaisants et une maturité homogène.

  2. Un début de contrainte hydrique à la nouaison, limitant le grossissement des baies et déterminant leur richesse tannique future.

  3. L’arrêt franc de la croissance de la vigne avant la véraison, imposé par une contrainte hydrique suffisante, pour que la plante concentre ensuite son énergie sur la maturation des raisins.

  4. Une maturation complète des raisins, rendue possible par un feuillage fonctionnel jusqu’aux vendanges, sans reprise excessive de la croissance végétative.

  5. Un temps clément pendant les vendanges, sec et stable, permettant d’attendre sereinement la maturité des différentes parcelles et des cépages tardifs, sans crainte de dilution ni de pourriture.

En 2013, aucune de ces conditions n’a été réellement réunie, ce qui explique la fragilité du millésime en rouge.

Rive droite

Sur la rive droite, le Merlot, frappé dès le printemps par la coulure et le millerandage, peine à exprimer sa chair habituelle. Les baies, petites et peu sucrées, donnent des vins souvent tendus, maigres, marqués par des acidités élevées. À Saint-Émilion, les terroirs argilo-calcaires offrent toutefois une certaine résistance : les vins y gagnent en droiture et en fraîcheur, avec une élégance discrète lorsque le Cabernet Franc apporte son soutien. À Pomerol, les terroirs sableux ont particulièrement souffert : les baies éclatent facilement, la pourriture s’installe vite, et seuls les secteurs les mieux drainés parviennent à préserver du volume. Dans les Côtes — Castillon, Francs, Fronsac — les rouges se distinguent par leur sincérité : des vins droits, lumineux, portés davantage par l’acidité que par la puissance, mais avec une franchise qui leur donne un charme simple. Une rive droite délicate, fragile, où la réussite dépend plus que jamais de la précision du tri et du travail à la vigne.

Rive gauche

La rive gauche offre un visage plus contrasté. Le Cabernet Sauvignon, plus tardif, profite mieux de la brève fenêtre sèche du début septembre. Le Médoc et les Graves livrent ainsi des profils où la fraîcheur domine, mais où la matière reste souvent légère. Saint-Estèphe, épargné par les pluies d’automne, s’impose comme l’ensemble le plus cohérent du millésime : des vins droits, fermes, sincères. Pauillac et Saint-Julien affichent des silhouettes élancées, nettes, mais moins denses qu’à l’accoutumée ; l’acidité élevée y donne des structures tendues, parfois strictes. Margaux, fidèle à son style parfumé, propose des rouges gracieux mais aériens, au charme immédiat mais à la profondeur limitée. À Pessac-Léognan, les rouges se distinguent par leur finesse et leur éclat, avec des équilibres naturels et une lecture plus harmonieuse du millésime. Une rive gauche sobre, fraîche, délicate, où seuls les terroirs les mieux ventilés ou les moins arrosés ont su tirer leur épingle du jeu.

Blancs secs

Les blancs secs ne sont pas grands. Ils manquent un peu de chair et de gras pour l'être. Néanmoins, ils sont frais, floraux, et leur équilibre est nerveux, voir vif, en raison des bonnes acidités conservées jusqu'aux vendanges. Cela nous ramène au Bordeaux blanc sec véritablement septentrional comme on en voyait plus depuis longtemps. Avec des équilibres et des chairs proches de ce que nous connaissons dans la Loire par exemple. Néanmoins, le manque de chair, de profondeur, ou le tranchant ou mordant de l'acidité fait le défaut de quelques vins.

Certains ont bien joué le millésime et il est aussi probable que celui-ci se prêtera convenablement au vieillissement.

Liquoreux

Un très bon millésime pour les liquoreux et pourtant qui n'a pas été facile à gérer. Cela ce retrouve à la dégustation : d'un coté, les bonnes acidités maintenues jusqu'au vendange apportent beaucoup de fraicheur au vin et la pourriture noble a développé un nectar particulièrement florale au cœur des baies ; de l'autre, la fulgurance de la pourriture a fragilisé l’état sanitaire et a précipité les vendanges.

Il y avait donc moyen de faire des grands liquoreux mais en comptant sur un investissement total et précis du vigneron

L'écurie Derenoncourt

Dans notre organisation du marathon des primeurs, nous commençons toujours avec les vins sous la houlette de l'équipe de Stéphane Derononcourt. Voici la possibilité de se faire une opinion assez aiguisée du millésime, d'une part parce que l'ensemble des domaines proviennent de tous les coins du Bordelais, d'autre part parce que c'est ici que nous trouvons un rassemblement des meilleurs vins produits chaque année.

Et bien les amis, je dois vous dire que ce n'est pas folichon !

Stéphane Deroncourt, l'a dit lui-même dans des interview de confrères : « c'est un millésime déficient, sans potentiel de garde, de qualité moyenne et parfois médiocre".

« On ne peut rien contre les caprices du ciel, un tsunami, une grêle, un printemps épouvantable, un manque de maturité... La nature n'est ni aimable ni clémente. Notre métier, c'est de la comprendre, déjouer ses pièges. Parfois elle est trop forte et on ne peut que subir. Ce 2013 nous ramène à l'humilité ».(le figaro 6/02/2014).

Vous voyez, il n'y a pas que moi qui vous le dis. Après le millésime 2012 où je vous faisais l'apologie des millésimes médiocres en 2, tout en espérant que 3  marquerait le début de la résurgence qualitative : Que néni, c'est juste pire. 

C'était presque écrit : « 2013 année de la b.... ! ».

Conclusion

2013 fut une année de défis, mais aussi de progrès. Grâce à la rigueur des vignerons, Bordeaux a su transformer la fragilité climatique en élégance et en pureté. Les rouges, frais et légers, séduisent par leur franchise ; les blancs, superbes, atteignent des sommets de précision ; les liquoreux, majestueux, rappellent la magie du Sauternais.

Un millésime de résilience, sincère et touchant — la patience récompensée.

Le tour des appellations – Coups de cœur

Saint-Émilion

14/20
Valandraut — Le Carré — Le Dôme — Les Astéries — Sansonnet

13+/20
Pavie Macquin — Troplong Mondot — Rol Valentin — Latour Figeac — Guadet

13/20
Vieux Château Mazerat — La Dominique — Bellefont-Belcier — Villemaurine — Pressac

Puisseguin Saint-Émilion (11+/20)
Claud Bellevue

Pomerol

13/20
Clos du Clocher — Le Bon Pasteur — La Croix de Gay — Beauregard — Petit Village — Clos l’Église — La Conseillante — Clos Vieux Taillefer

Fronsac / Francs / Castillon

12+/20
Veyry — Valmy Dubourdieu Lange — Monlandrie (Castillon)
Ad Francos (Francs)
Dalem — Haut-Carles — Moulin Haut-Laroque — La Vieille Cure — Fontenil — La Rousselle (Fronsac)

11+/20
Franc Lafleur (Castillon)
Puygueraud (Francs)

Pauillac & Saint-Julien

13+/20
Grand-Puy-Lacoste (Pauillac)

13/20
Batailley (Pauillac)

Saint-Estèphe

13+/20
Haut-Marbuzet

13/20
Lafon-Rochet — Cos Labory

12+/20
Meyney

Margaux

14/20
Labégorce

13/20
Du Tertre

Pessac-Léognan (rouges)

14/20
Les Carmes Haut-Brion — Domaine de Chevalier

13+/20
Fieuzal — Pape Clément — Smith Haut Lafitte — Malartic-Lagravière

13/20
Rahoul

Médoc / Haut-Médoc

13/20
Poujeaux (Moulis)

12+/20
Sociando-Mallet — Belgrave

12/20
Cambon La Pelouse

11+/20
Hanteillan

Blaye, Bourg, Graves de Vayres, Bordeaux

12/20
Haut-Bertinerie — Magdelaine Bouhou (Blaye)
Tayac Cuvée Rubis (Bourg)
Lesparre (Graves de Vayres)
Tour Mirambeau Cuvée Passion (Bordeaux)

11+/20
Rousselle (Bourg)
Jean Faux (Bordeaux)

Blancs secs 2013 (sélection)

14/20
Domaine de Chevalier — Couhins-Lurton

13+/20
Fieuzal — Smith Haut Lafitte — Latour Martillac — Pape Clément — Olivier

13/20
Pique-Caillou — Rahoul — Cruzeau — Chantegrive — Cérons
Tour de Mirambeau — La Perrière — Sainte-Marie
Ad Francos “Pierres Blanches”

12+/20
Château des Tourtes (Blaye)
Jean Faux — Thieuley — De Lussac — De Reignac — Charmes-Godard

Liquoreux 2013 (sélection)

15/20
Guiraud — Raymond-Lafon — La Tour Blanche

14+/20
Rayne-Vigneau — Rieussec — Doisy-Daëne — Sigalas Rabaud — Clos Haut-Peyraguey — Lafaurie-Peyraguey — De Fargues — Suduiraut

14/20
Closiot — De Malle — Romer du Hayot — Rabaud-Promis — Doisy-Védrines — Coutet

13+/20
Du Coustet — Caillou — Laville

13/20
Cantegril — Symphonie de Haut-Peyraguey — Piada — Tuytens — Bouade — De Veyres
Grand-Peyruchet — Dauphiné Rondillon

12+/20
Lapinesse — Loupiac Gaudiet

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2012 - Le charme de l’équilibre

Lecture en 2 min

2012 fut un millésime de contrastes, exigeant mais plein de charme. Après un printemps compliqué et un été irrégulier, Bordeaux a su transformer l’adversité en finesse. Grâce à un mois de septembre lumineux, les vins affichent une maturité douce, des tanins souples et un fruit expressif. Moins puissants que leurs aînés, ils séduisent par leur naturel et leur équilibre. 2012, c’est Bordeaux dans sa version la plus humaine — sincère, harmonieux et accessible.

Analyse météo

L’année s’ouvre sur un hiver froid et humide, suivi d’un printemps difficile, marqué par des pluies fréquentes et un débourrement tardif. La floraison, irrégulière, engendre des rendements modestes. Mais à partir de la mi-juillet, le temps s’assagit : l’été devient chaud et sec, permettant une maturation progressive. Septembre, chaud et ensoleillé, parachève la réussite. Les vendanges se déroulent dans de bonnes conditions, avec des raisins équilibrés, à la maturité phénolique aboutie. Les vins présentent un fruit pur, une structure souple, une acidité fraîche : la grâce née de la patience.

Rive droite

Sur la rive droite, 2012 offre des vins charmeurs, expressifs, au fruit généreux. Les merlots, cueillis à pleine maturité, livrent des rouges suaves, soyeux, d’une grande accessibilité. Saint-Émilion se distingue par la rondeur de ses textures et la précision de ses finales : les terroirs calcaires confèrent fraîcheur et équilibre, tandis que les argiles accentuent le velouté. Pomerol rayonne de sensualité, avec des vins charnus, tendres, sans excès. Dans les Côtes, notamment à Castillon et Francs, les vins se montrent sincères, lumineux, portés par un fruit éclatant. Une rive droite joyeuse et équilibrée, au charme immédiat.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves expriment un profil plus classique, parfois austère dans leur jeunesse mais d’une grande précision. Les cabernets sauvignons, bien mûris en fin de saison, livrent des vins élégants, droits et équilibrés. Saint-Julien brille par sa tenue et sa finesse ; Pauillac par sa structure ferme et ses tanins denses mais mûrs. Saint-Estèphe affiche une belle vigueur, tout en préservant fraîcheur et droiture. Margaux se montre délicat, floral, soyeux. À Pessac-Léognan, les rouges séduisent par leur fruit éclatant, leur trame souple et leur pureté aromatique. Une rive gauche sobre, équilibrée, à la fois sérieuse et gourmande.

Blancs secs

Très beaux résultats pour les blancs secs. Les conditions de fin d’été ont favorisé la maturité des sauvignons, donnant des vins expressifs et vifs. Arômes d’agrumes mûrs, de pêche blanche, de fleurs et de pierre chaude. Les sémillons apportent une texture ample, équilibrée par une acidité bien présente. Des blancs francs, lumineux, à la fois précis et charmeurs.

Liquoreux

Année difficile pour le Sauternais, marquée par une botrytisation tardive et irrégulière. Les crus les plus rigoureux ont néanmoins produit des vins d’une belle pureté, plus légers mais élégants. Notes de miel clair, d’abricot frais, de fleurs et d’écorce d’agrumes. Des liquoreux fins, aériens, tout en subtilité, qui privilégient la fraîcheur à la richesse.

Conclusion

2012 s’impose comme un millésime d’équilibre et d’harmonie. Les rouges sont suaves, soyeux, lumineux ; les blancs nets et expressifs ; les liquoreux délicats. Sans ostentation, Bordeaux retrouve ici le charme simple de la justesse.

Un millésime de sincérité et de mesure, à la fois accessible et racé — la beauté tranquille de l’équilibre.

Le tour des appellations – Coups de cœur

*(Sélection issue des dégustations primeurs)*

**Saint-Émilion :** Pavie-Macquin, Larcis Ducasse, Canon, Clos Fourtet, La Gaffelière

**Pomerol :** Clinet, La Conseillante, Gazin, Beauregard

**Castillon & Francs :** Clos Puy Arnaud, Domaine de l’A, Joanin Bécot

**Pessac-Léognan :** Domaine de Chevalier, Smith Haut Lafitte, Pape Clément, Malartic-Lagravière

**Saint-Julien & Pauillac :** Léoville-Barton, Gruaud Larose, Lynch-Bages, Pichon-Baron, Grand-Puy-Lacoste

**Margaux :** Brane-Cantenac, Rauzan-Ségla, Giscours

**Liquoreux :** Coutet, Suduiraut, Doisy-Daëne, Guiraud

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2011 - L’instinct du vigneron

Lecture en 2 min

Après les géants 2009 et 2010, 2011 fut une année d’équilibre fragile et de précision. Un millésime de transition, plus capricieux, où l’observation et la réactivité ont fait toute la différence. Là où la vigne a été accompagnée avec mesure, les vins se révèlent frais, élégants, sincères. Moins spectaculaires mais souvent très justes, ils expriment le retour à une dimension humaine : 2011, le millésime de la main du vigneron.

Analyse météo

Le millésime 2011 s’ouvre sur un hiver sec et froid, suivi d’un printemps étonnamment chaud et précoce. La floraison, rapide et homogène, laisse présager une récolte généreuse. Mais l’été, marqué par des variations brutales, impose une vigilance constante : chaleur précoce, orages, puis un mois d’août plus frais ralentissent la maturation. Septembre, sec et lumineux, vient sauver la récolte, assurant des vendanges sereines sur les terroirs les mieux situés. Les raisins présentent des maturités hétérogènes : sucres modérés, tanins fermes, acidité bien présente. Un millésime d’ajustement, exigeant, où la précision a dicté la réussite.

Rive droite

Sur la rive droite, les terroirs argilo-calcaires ont fait la différence. Les merlots, précoces, ont été récoltés tôt, offrant des vins d’un beau fruité et d’une fraîcheur savoureuse. Saint-Émilion s’exprime dans un registre classique : fruits rouges frais, tanins fins, allonge minérale. Les terroirs calcaires ont préservé tension et équilibre, donnant des vins précis et digestes. Pomerol, plus solaire, livre des rouges ronds, veloutés, mais sans excès. Dans les Côtes, Castillon et Francs se distinguent par leur franchise et leur éclat, soutenus par une belle acidité naturelle. Une rive droite sincère, fine, pleine de clarté.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves signent un millésime contrasté mais élégant. Les cabernets sauvignons, bien réussis sur les terroirs profonds, offrent des vins équilibrés, plus droits que puissants. Saint-Julien se distingue par sa régularité, avec des tanins fins et des finales nettes. Pauillac affiche davantage de fermeté mais conserve un fruit pur et une grande fraîcheur. Saint-Estèphe, plus robuste, a produit des vins solides, au caractère affirmé. Margaux, grâce à son homogénéité climatique, offre des vins charmeurs, floraux et délicats. Pessac-Léognan brille par son équilibre et son éclat aromatique, avec des rouges fins et persistants. Une rive gauche sobre, racée, fidèle à la main du vigneron.

Blancs secs

Très belle réussite pour les blancs secs en 2011. Les conditions fraîches de fin de saison ont permis de conserver une acidité éclatante et une aromatique d’une grande précision. Les sauvignons livrent des arômes d’agrumes, de fleurs blanches et de pierre à fusil ; les sémillons apportent volume et gras. Les graves profondes signent des blancs droits, tendus, vibrants, d’une pureté admirable. Un millésime lumineux, parfaitement équilibré.

Liquoreux

2011 est une année historique pour le Sauternais. Les alternances d’humidité et de chaleur ont permis une botrytisation rapide et homogène. Les vins sont d’une richesse impressionnante, portés par une acidité éclatante. La concentration est magistrale : abricot rôti, miel, épices douces, zeste d’orange confite. Les plus beaux crus atteignent un niveau d’intensité et de pureté rare. Des liquoreux de légende, amples, longs, et d’une fraîcheur souveraine.

Conclusion

2011 récompense la vigilance et la précision. Un millésime exigeant, parfois inégal, mais capable de très belles réussites. Les rouges expriment fraîcheur, sincérité et justesse ; les blancs sont éclatants de pureté ; les liquoreux, sublimes.

Un Bordeaux de discernement et de mesure, où la main de l’homme a guidé la nature avec tact — la beauté de l’instinct maîtrisé.

Le tour des appellations – Coups de cœur

*(Sélection issue des dégustations primeurs)*

**Saint-Émilion :** Pavie-Macquin, Larcis Ducasse, Canon, Clos Fourtet, La Gaffelière, Beauséjour Bécot

**Pomerol :** La Conseillante, Clinet, Gazin

**Castillon & Francs :** Clos Puy Arnaud, Domaine de l’A, Joanin Bécot

**Pessac-Léognan :** Smith Haut Lafitte, Domaine de Chevalier, Pape Clément, Malartic-Lagravière

**Saint-Julien & Pauillac :** Léoville-Barton, Gruaud Larose, Lynch-Bages, Pichon-Baron, Pontet-Canet, Grand-Puy-Lacoste

**Margaux :** Brane-Cantenac, Rauzan-Ségla, Giscours, Malescot Saint-Exupéry

**Liquoreux :** Yquem, Rieussec, Suduiraut, Coutet, Doisy-Daëne

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2010 - La force et la lumière

Lecture en 2 min

2010 est un millésime immense, dans la lignée des très grands classiques de Bordeaux. Après l’opulence solaire de 2009, il en offre le contrepoint parfait : puissance contenue, fraîcheur éclatante, équilibre souverain. Un millésime d’énergie et de densité, bâti pour la garde, où la profondeur rencontre la précision. 2010, c’est la force tranquille du grand Bordeaux : lumineux, droit, et magistralement construit.

Analyse météo

Le millésime 2010 se caractérise par une saison sèche, ensoleillée, mais sans excès. Le printemps, frais et sec, ralentit la croissance, assurant une floraison homogène. L’été, chaud mais ventilé, installe des conditions idéales : peu de pluies, une forte amplitude thermique, favorisant une maturité lente et complète. Les vendanges, sous un ciel limpide, se déroulent sereinement. Les raisins affichent une concentration exceptionnelle : peaux épaisses, sucres élevés, acidité préservée. Ce double équilibre — richesse et tension — confère aux vins une densité phénoménale et une précision inégalée.

Rive droite

Sur la rive droite, 2010 signe un millésime de grand équilibre. Les merlots, concentrés mais frais, allient profondeur et éclat. Saint-Émilion exprime une intensité rare, soutenue par la fraîcheur de ses calcaires : trames denses, tanins veloutés, finales tendues. Les terroirs argileux donnent des vins plus amples mais d’une droiture remarquable. Pomerol conjugue richesse et élégance : le fruit noir s’y fait soyeux, la texture satinée, la persistance majestueuse. Dans les Côtes, Castillon et Francs livrent des vins d’une pureté exemplaire, où la maturité s’accorde à la fraîcheur minérale. Une rive droite profonde, vibrante, d’une intensité calme et harmonieuse.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves trouvent en 2010 un terrain d’expression magistral. Les cabernets sauvignons, mûrs et toniques, livrent des vins puissants, droits, structurés, mais d’une grande précision aromatique. Saint-Julien brille par sa régularité : densité contenue, tanins d’une finesse ciselée, droiture absolue. Pauillac atteint des sommets : des cabernets racés, profonds, mentholés, à la fraîcheur souveraine. Saint-Estèphe conjugue force et équilibre, avec des tanins solides mais polis. Margaux offre des rouges d’une élégance aérienne, où la délicatesse florale répond à la puissance du fruit. À Pessac-Léognan, les rouges allient ampleur, tension et éclat : un style à la fois intense et lumineux. Une rive gauche d’architecture parfaite, alliant muscle et grâce.

Blancs secs

Les blancs secs de 2010 sont splendides. L’été sec et les nuits fraîches ont favorisé une maturité aromatique complète tout en préservant la tension. Les sauvignons livrent des notes d’agrumes, de buis et de pierre à fusil, tandis que les sémillons apportent volume et texture. Les graves profondes signent des vins cristallins, équilibrés, d’une allonge saline remarquable. Un millésime tendu, vibrant, d’une pureté exceptionnelle.

Liquoreux

2010 offre au Sauternais un très beau millésime, marqué par la régularité du botrytis. Les conditions d’arrière-saison ont permis des tries progressives, donnant des moûts concentrés mais équilibrés. Les vins allient intensité, tension et précision aromatique. Arômes d’abricot confit, de miel, d’ananas rôti et de zestes d’agrumes. Des liquoreux raffinés, longs, lumineux, d’un équilibre exemplaire — la pureté sans l’opulence.

Conclusion

2010 s’impose comme l’un des plus grands millésimes modernes de Bordeaux. Les rouges allient profondeur, droiture et énergie, les blancs éclat et tension, les liquoreux noblesse et équilibre. C’est un millésime de stature, à la fois puissant et lumineux, où chaque appellation exprime la vérité de son terroir.

Un Bordeaux monumental, d’une architecture classique, promis à un très long avenir — la force et la lumière réunies.

Le tour des appellations – Coups de cœur

(Sélection issue des dégustations primeurs)

Saint-Émilion : Pavie-Macquin, Larcis Ducasse, Canon, Clos Fourtet, La Gaffelière, Beauséjour Bécot

Pomerol : Clinet, La Conseillante, Gazin, Le Bon Pasteur

Castillon & Francs : Clos Puy Arnaud, Domaine de l’A, Joanin Bécot, Veyry

Pessac-Léognan : Smith Haut Lafitte, Domaine de Chevalier, Pape Clément, Les Carmes Haut-Brion, Malartic-Lagravière

Saint-Julien & Pauillac : Léoville-Barton, Léoville-Poyferré, Gruaud Larose, Lynch-Bages, Pichon-Baron, Pontet-Canet, Grand-Puy-Lacoste

Margaux : Brane-Cantenac, Rauzan-Ségla, Giscours, Malescot Saint-Exupéry

Liquoreux : Yquem, Rieussec, Suduiraut, Coutet, Doisy-Daëne, Guiraud

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2009 - L’éclat solaire

Lecture en 2 min

2009 entre dans la légende des grands millésimes bordelais. Après une décennie contrastée, Bordeaux retrouve la perfection d’un climat généreux, où chaleur et fraîcheur se sont harmonieusement rencontrées. Des vins rayonnants, suaves, d’une maturité complète mais sans excès. 2009, c’est le Bordeaux du plaisir immédiat et de la profondeur tranquille : éclat du fruit, texture soyeuse, charme solaire — un millésime d’abondance et d’équilibre.

Analyse météo

Le cycle de 2009 fut presque idéal. Un printemps doux et sec assure une floraison homogène. L’été, chaud et lumineux, installe un ensoleillement exceptionnel sans canicule, accompagné de nuits fraîches qui préservent l’acidité. Septembre et octobre, secs et clairs, permettent une maturation lente, parfaite, jusqu’aux vendanges, qui se déroulent sous un ciel serein. Les raisins sont splendides : riches, colorés, aromatiques, aux tanins mûrs et veloutés. 2009 réunit tous les équilibres – puissance, suavité et fraîcheur.

Rive droite

Sur la rive droite, 2009 atteint des sommets de sensualité et d’harmonie. Les merlots, d’une maturité exemplaire, livrent des vins amples, onctueux, presque pulpeux, sans jamais tomber dans la lourdeur. Saint-Émilion séduit par la profondeur de ses textures et la volupté de son fruit, équilibrée par la fraîcheur naturelle des calcaires. Pomerol rayonne : un velouté inimitable, une intensité florale et un toucher de bouche soyeux. Dans les Côtes, notamment à Castillon et Francs, les vins affichent une énergie éclatante, portée par des tanins fins et un fruit lumineux. Une rive droite séductrice, riche et fluide à la fois, où l’opulence devient harmonie.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves signent un millésime d’anthologie. Les cabernets sauvignons atteignent une maturité exceptionnelle, conjuguant densité et fraîcheur. Saint-Julien impressionne par sa régularité et sa perfection d’équilibre : des vins pleins, précis, raffinés. Pauillac affiche un éclat monumental, alliant structure ferme, tanins soyeux et fraîcheur mentholée. Saint-Estèphe, plus accessible qu’à l’accoutumée, offre une chair savoureuse et une vigueur maîtrisée. Margaux enchante par sa finesse aromatique et son élégance florale. À Pessac-Léognan, les rouges conjuguent ampleur, pureté et allonge. Une rive gauche solaire, rayonnante, mais d’une tenue exemplaire : la chaleur maîtrisée par la main du terroir.

Blancs secs

2009, année chaude, favorise des blancs amples et expressifs. Les graves profondes ont toutefois su préserver leur tension naturelle, donnant des vins équilibrés, plus charmeurs que tranchants. Arômes de fruits exotiques, d’agrumes mûrs et de fleurs blanches, portés par une texture ronde et enveloppante. Des blancs sensuels, dorés par le soleil, à la fois généreux et harmonieux, parfaits dans leur jeunesse.

Liquoreux

2009 est un grand millésime pour le Sauternais. Les alternances idéales de chaleur et d’humidité ont favorisé une botrytisation progressive et complète. Les vins sont somptueux : puissants, amples, portés par une acidité fine. L’équilibre entre richesse et fraîcheur est magistral. Arômes d’abricot confit, de miel, d’ananas rôti, de fleur d’oranger et de safran. Des liquoreux de lumière, sensuels et éclatants, parmi les plus accomplis du siècle.

Conclusion

2009 incarne l’harmonie parfaite entre puissance et charme. Les rouges, d’une texture soyeuse et d’un éclat fascinant, conjuguent gourmandise et profondeur. Les blancs allient ampleur et équilibre, les liquoreux atteignent la grâce absolue. Un millésime solaire mais discipliné, capable de séduire dès aujourd’hui tout en promettant une garde immense.

Un Bordeaux de plénitude, d’énergie et de joie — l’éclat solaire dans toute sa maîtrise.

Le tour des appellations – Coups de cœur

(Sélection issue des dégustations primeurs)*

Saint-Émilion : Pavie-Macquin, Larcis Ducasse, Clos Fourtet, Canon, La Gaffelière

Pomerol : La Conseillante, Clinet, Gazin, Le Bon Pasteur

Castillon & Francs : Clos Puy Arnaud, Domaine de l’A, Joanin Bécot, Veyry

Pessac-Léognan : Smith Haut Lafitte, Domaine de Chevalier, Pape Clément, Malartic-Lagravière, Les Carmes Haut-Brion

Saint-Julien & Pauillac : Léoville-Barton, Léoville-Poyferré, Gruaud Larose, Lynch-Bages, Pichon-Baron, Pontet-Canet, Grand-Puy-Lacoste

Margaux : Brane-Cantenac, Rauzan-Ségla, Giscours, Malescot Saint-Exupéry

Liquoreux :Yquem, Rieussec, Coutet, Suduiraut, Doisy-Daëne

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2008 - Le retour à la précision

Lecture en 2 min

2008 fut un millésime de contraste et de patience, sauvé par un automne lumineux. Après une année fraîche et capricieuse, Bordeaux signe des vins droits, précis, d’une pureté remarquable. Moins opulents que 2005 ou 2009, ils séduisent par leur fraîcheur et leur équilibre classique. 2008, c’est la victoire du temps et du travail, un millésime d’artisan plus que de miracle — l’élégance née de la maîtrise.

Analyse météo

L’hiver, froid et pluvieux, retarde le cycle végétatif. Le printemps reste frais, ponctué d’averses, ralentissant la floraison et provoquant une légère coulure. L’été, sans excès de chaleur, maintient les vignes dans une progression lente. Puis septembre arrive, salvateur : sec, ensoleillé, ventilé, il permet une maturation lente et complète. Octobre, lumineux, parachève la réussite, offrant des conditions de vendanges idéales. Les raisins sont sains, à la maturité phénolique parfaite, dotés d’une acidité vive et de tanins fins. 2008 récompense la patience et la précision du geste.

Rive droite

Sur la rive droite, 2008 brille par sa pureté. Les merlots, mûrs sans excès, offrent un fruit noir éclatant et une trame tendue. Saint-Émilion s’exprime dans un style raffiné et élancé : les terroirs calcaires donnent des vins pleins d’énergie, au grain serré et à la finale minérale. Les argiles livrent des rouges plus charnus mais toujours équilibrés. Pomerol charme par la densité de sa texture et la finesse de son toucher, tout en conservant fraîcheur et allonge. Dans les Côtes, Castillon et Francs livrent des vins sincères, au fruit croquant et à la structure droite. Une rive droite élégante, précise, d’un classicisme éclatant.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves trouvent en 2008 un terrain d’expression idéal pour les cabernets sauvignons. Le cycle long et les nuits fraîches ont favorisé une maturité lente et homogène. Saint-Julien incarne l’harmonie du millésime : densité mesurée, tanins fins, droiture. Pauillac livre des cabernets puissants mais équilibrés, d’une profondeur mentholée et d’une fraîcheur remarquable. Saint-Estèphe, d’une solidité exemplaire, s’est distingué par sa franchise et sa vigueur. Margaux charme par ses arômes floraux et son toucher soyeux, tandis que Pessac-Léognan livre des rouges d’une belle pureté, aux tanins précis et à la trame vibrante. Une rive gauche tendue, fine et longiligne — l’expression même du Bordeaux classique.

Blancs secs

Année très réussie pour les blancs secs. Les conditions fraîches ont permis de préserver tension et éclat aromatique. Les sauvignons livrent des arômes d’agrumes et de fleurs blanches, soutenus par la rondeur des sémillons. Les graves les plus profondes donnent des vins cristallins, longs, d’une précision minérale exemplaire. Des blancs racés, droits, au profil ciselé et raffiné.

Liquoreux

2008 offre une belle réussite pour le Sauternais. Après une floraison délicate, les conditions d’arrière-saison ont favorisé un développement progressif et homogène du botrytis. Les vins sont d’une grande pureté, alliant richesse et fraîcheur. Les arômes d’abricot confit, de miel, d’agrumes et de fleurs d’oranger s’y fondent dans une trame fine et équilibrée. Des liquoreux éclatants, précis, lumineux, d’une grande élégance.

Conclusion

2008 est un millésime d’équilibre et de justesse, né d’un travail méticuleux. Les rouges sont précis, droits, pleins d’énergie ; les blancs tendus et purs ; les liquoreux harmonieux et digestes. Ce n’est pas une année spectaculaire, mais une année exemplaire de classicisme et de sincérité.

Le triomphe du détail, la victoire du temps : Bordeaux dans son authenticité la plus noble.

Le tour des appellations – Coups de cœur

(Sélection issue des dégustations primeurs)

Saint-Émilion : Pavie-Macquin, Larcis Ducasse, Canon, Clos Fourtet, La Gaffelière

Pomerol : Gazin, La Conseillante, Clinet

Castillon & Francs : Clos Puy Arnaud, Domaine de l’A, Joanin Bécot

Pessac-Léognan : Domaine de Chevalier, Smith Haut Lafitte, Pape Clément, Malartic-Lagravière

Saint-Julien & Pauillac : Léoville-Barton, Gruaud Larose, Lynch-Bages, Pichon-Baron, Grand-Puy-Lacoste

Margaux : Brane-Cantenac, Rauzan-Ségla, Giscours

Liquoreux : Rieussec, Coutet, Doisy-Daëne, Suduiraut

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2007 – La grâce fragile

Lecture en 2 min

2007 s’inscrit comme un millésime à part, délicat et singulier. Après plusieurs années chaudes et structurées, Bordeaux retrouve ici un profil plus frais, plus immédiat, empreint d’élégance et de légèreté. Les vins sont souples, aromatiques, d’une grande buvabilité. Ce n’est pas une année de puissance, mais de finesse et de charme. Un Bordeaux gracieux, sincère, lumineux — la grâce fragile d’une année difficile mais touchante.

Analyse météo

2007 débute par un hiver doux et un printemps précoce, favorisant un débourrement rapide. Mais la suite du cycle est marquée par des conditions capricieuses : un été frais et humide ralentit la maturation, suscitant l’inquiétude. Heureusement, un mois de septembre exceptionnel, chaud et sec, sauve la récolte. Ce retour du soleil permet de concentrer les baies et d’assurer une maturité phénolique correcte. Les vendanges, menées tardivement, se déroulent dans une atmosphère lumineuse. Les raisins présentent un profil classique : acidité fraîche, tanins souples, arômes purs. 2007, c’est la revanche de la patience et du tri minutieux.

Rive droite

Sur la rive droite, 2007 met en valeur la précision plus que la force. Les merlots, cueillis à pleine maturité, livrent des vins charmeurs, aux tanins soyeux et à la texture fluide. Saint-Émilion séduit par ses arômes de fruits rouges frais et sa bouche caressante. Les terroirs calcaires, plus frais, apportent droiture et allonge, tandis que les argiles confèrent un surcroît de rondeur. À Pomerol, les vins affichent un velouté délicat, plus juteux que puissant. Dans les Côtes, Castillon et Francs signent des rouges sincères, digestes, d’un fruit éclatant. Une rive droite tendre et équilibrée, au charme immédiat.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves ont connu une année contrastée, mais les meilleurs terroirs ont triomphé. Les cabernets sauvignons, bien mûris par le bel automne, offrent des vins fins, droits et élégants. Saint-Julien se distingue par sa précision et sa pureté aromatique. Pauillac, plus ferme, conserve sa stature classique mais dans un registre accessible. Saint-Estèphe, d’ordinaire robuste, montre une belle souplesse de texture. Margaux rayonne par ses parfums floraux et sa douceur de tanin. À Pessac-Léognan, les rouges conjuguent fraîcheur, équilibre et éclat de fruit. Une rive gauche gracieuse, fidèle à l’esprit du millésime : élégance avant tout.

Blancs secs

2007 est une grande année pour les blancs secs. Les conditions fraîches et sèches de fin de saison ont permis une maturité parfaite des sauvignons, préservant tension et éclat aromatique. Les vins allient intensité et vivacité : agrumes, fleurs blanches, fruits à chair blanche. Les graves profondes livrent des blancs d’une pureté remarquable, à la fois vifs, précis et persistants. Un millésime d’anthologie pour les amateurs de blancs tendus et ciselés.

Liquoreux

Année exceptionnelle pour le Sauternais. Les alternances d’humidité et de chaleur ont favorisé une botrytisation progressive et homogène. Les moûts sont riches, concentrés, d’une pureté éclatante. Les vins conjuguent intensité et fraîcheur, avec des arômes d’abricot confit, de miel et de zestes d’agrumes. L’équilibre sucre-acidité est remarquable, offrant des liquoreux lumineux, profonds et digestes. Des vins d’exception, d’une grâce absolue.

Conclusion

2007 ne cherche pas la démonstration : il célèbre la finesse et la sincérité. Les rouges sont souples, parfumés, harmonieux ; les blancs d’une précision cristalline ; les liquoreux sublimes. C’est un millésime d’équilibre léger, accessible et raffiné, qui séduit par sa fraîcheur et sa transparence.

Un Bordeaux de charme plus que de puissance — la grâce fragile d’une année inattendue.

Le tour des appellations – Coups de cœur

(Sélection issue des dégustations primeurs)

Saint-Émilion : Pavie-Macquin, Larcis Ducasse, Canon, Clos Fourtet, La Gaffelière

Pomerol : Clinet, La Croix de Gay, Gazin

Castillon & Francs : Clos Puy Arnaud, Domaine de l’A, Joanin Bécot

Pessac-Léognan : Domaine de Chevalier, Smith Haut Lafitte, Pape Clément, Malartic-Lagravière

Saint-Julien & Pauillac : Léoville-Barton, Gruaud Larose, Lynch-Bages, Pichon-Baron, Grand-Puy-Lacoste

Margaux : Brane-Cantenac, Rauzan-Ségla, Giscours

Liquoreux : Yquem, Rieussec, Suduiraut, Doisy-Daëne, Coutet

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2006 - La rigueur en héritage

Lecture en 2 min

Après le triomphe harmonieux de 2005, 2006 s’ouvre sur une année plus contrastée, marquée par des conditions climatiques irrégulières. Ce millésime n’a pas la facilité de son prédécesseur, mais il en partage la précision et la structure. Les meilleurs terroirs ont su tirer parti de cette rigueur pour produire des vins profonds, droits, d’une grande tenue. 2006, c’est la beauté de la discipline : un Bordeaux classique, tendu, construit pour durer.

Analyse météo

L’hiver fut froid et humide, suivi d’un printemps doux favorisant une floraison homogène. L’été, chaud et ensoleillé, s’est révélé sec jusqu’à fin juillet, avant de connaître un mois d’août plus maussade, qui freina temporairement la maturité. Septembre, heureusement, apporta une alternance bienvenue de soleil et de vent, permettant aux raisins de parfaire leur maturité phénolique. Les vendanges furent échelonnées, parfois tendues par la météo, mais la sélection rigoureuse dans les chais fit la différence. Les raisins présentaient une maturité juste, des tanins fermes mais mûrs, et une acidité soutenue : des vins d’équilibre et de structure, taillés pour la garde.

Rive droite

Sur la rive droite, 2006 offre des profils contrastés selon les terroirs. Les merlots des sols argilo-calcaires ont particulièrement brillé : profondeur de fruit, fraîcheur et trame minérale. Saint-Émilion se distingue par des vins équilibrés, précis, d’une grande rectitude aromatique. La puissance du millésime se fond dans des tanins soyeux et une allonge élancée. Pomerol affiche davantage de chair et de rondeur, mais conserve la droiture qui caractérise l’année. Dans les Côtes, notamment à Castillon et Francs, la réussite est remarquable : les vins y sont sincères, structurés, soutenus par une énergie vibrante. Une rive droite solide, droite et pleine, empreinte de sérieux.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves retrouvent en 2006 un visage très classique. Les cabernets sauvignons, vendangés à parfaite maturité, signent des vins racés, puissants et droits. Saint-Julien incarne l’équilibre : densité, tanins serrés, finales nettes et allongées. Pauillac, plus austère dans sa jeunesse, déploie aujourd’hui un bouquet profond, mentholé et précis. Saint-Estèphe s’affirme dans un registre robuste mais d’une belle sincérité, avec des tanins fermes et nobles. Margaux séduit par son éclat floral et sa douceur de texture, tandis que Pessac-Léognan livre des rouges fins et persistants, où droiture et souplesse se marient. Une rive gauche sérieuse, élégante, bâtie sur la structure et la fraîcheur.

Blancs secs

2006 offre de très beaux blancs secs, précis et équilibrés. L’été modéré et les nuits fraîches de septembre ont permis de préserver une acidité vive. Les vins allient tension et ampleur : agrumes, fleurs blanches, notes fumées. Les graves profondes livrent des blancs ciselés, d’une belle longueur saline. Un millésime classique pour les amateurs de droiture et de pureté.

Liquoreux

Année complexe pour le Sauternais, mais les crus les mieux exposés ont produit des vins d’une grande élégance. Le botrytis s’est développé lentement, donnant des moûts plus légers mais d’une précision aromatique admirable. Les vins se distinguent par leur fraîcheur et leur équilibre, plus floraux que riches : miel clair, abricot frais, écorce d’agrumes. Des liquoreux digestes et raffinés, d’un style aérien et délicat.

Conclusion

2006 s’inscrit dans la lignée des grands classiques bordelais. Sans l’éclat immédiat de 2005, il impose par sa rigueur et sa longévité. Les rouges sont structurés, élégants, pleins de tenue ; les blancs précis et tendus ; les liquoreux délicats.

Un millésime d’amateurs, pour ceux qui apprécient la droiture et la profondeur tranquille des vins faits pour durer. La rigueur en héritage.

Le tour des appellations – Coups de cœur

(Sélection issue des dégustations primeurs)

Saint-Émilion : Pavie-Macquin, Larcis Ducasse, Canon, Clos Fourtet, La Gaffelière

Pomerol : Gazin, Clinet, La Conseillante

Castillon & Francs : Clos Puy Arnaud, Domaine de l’A, Joanin Bécot

Pessac-Léognan : Domaine de Chevalier, Smith Haut Lafitte, Pape Clément, Malartic-Lagravière

Saint-Julien & Pauillac : Léoville-Barton, Gruaud Larose, Lynch-Bages, Pichon-Baron, Grand-Puy-Lacoste

Margaux : Brane-Cantenac, Rauzan-Ségla, Malescot Saint-Exupéry

Liquoreux : Coutet, Suduiraut, Doisy-Daëne, Guiraud

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Dégustations fabian Barnes Dégustations fabian Barnes

2005 - La perfection tranquille

Lecture en 2 min

2005 s’impose comme l’un des grands millésimes de la décennie. Après plusieurs années contrastées, Bordeaux connaît une saison presque idéale : soleil généreux, nuits fraîches, pluies mesurées. Les vins allient richesse et précision, puissance et équilibre. À la fois mûrs, concentrés et parfaitement dessinés, ils incarnent la grâce tranquille d’un climat en harmonie avec la vigne. 2005, c’est Bordeaux dans sa forme la plus pure : dense, limpide et serein.

Analyse météo

Le cycle végétatif s’est déroulé dans des conditions quasi parfaites. Un hiver froid a favorisé le repos de la vigne, suivi d’un printemps doux et sec. L’été, chaud mais sans excès, s’est prolongé sous un ciel stable, sans canicule ni stress hydrique marqué. Quelques pluies bienvenues en septembre ont complété la maturation, offrant aux raisins un équilibre rare entre sucre, acidité et tanins. Les vendanges, précises et sereines, se sont déroulées sous un temps clair. Les raisins présentaient une maturité phénolique complète, une peau épaisse et des tanins d’une finesse exceptionnelle. Tout était réuni pour un millésime d’anthologie.

Rive droite

Sur la rive droite, 2005 tutoie la perfection. Les merlots, d’une maturité exemplaire, livrent des vins à la fois profonds et lumineux, d’une texture veloutée mais tendue. Saint-Émilion se distingue par une précision remarquable : le fruit est pur, les tanins soyeux, les finales d’une droiture minérale. Les terroirs calcaires donnent des vins vibrants, équilibrant ampleur et fraîcheur. À Pomerol, la richesse naturelle du millésime s’exprime avec une sensualité contenue, où la rondeur du merlot s’allie à une trame ferme et élégante. Dans les Côtes, notamment à Castillon et Francs, la qualité surprend par sa constance : des rouges sincères, précis, au fruit éclatant. Une rive droite d’harmonie et de justesse absolue.

Rive gauche

Le Médoc et les Graves signent un millésime magistral. Les cabernets sauvignons ont atteint une maturité complète sans perdre leur fraîcheur. Les tanins sont abondants mais soyeux, les structures précises, les arômes d’une pureté rare. Saint-Julien brille par sa régularité et sa tenue exemplaire : des vins droits, raffinés, d’une harmonie parfaite. Pauillac conjugue puissance et droiture, avec des cabernets racés et profonds. Saint-Estèphe, d’ordinaire plus austère, se montre étonnamment accessible, sur des textures fines et généreuses. Margaux rayonne par son élégance florale et son toucher de bouche caressant. Pessac-Léognan, enfin, livre des rouges somptueux, où puissance, éclat et souplesse se fondent dans un équilibre souverain. Une rive gauche d’architecture classique, sans une fausse note.

Blancs secs

Les conditions de 2005 furent idéales pour les blancs secs. L’été chaud mais stable a permis une maturité aromatique complète, tout en préservant l’acidité grâce à des nuits fraîches. Les vins sont amples, expressifs, d’une grande pureté : fruits exotiques, pamplemousse, fleurs blanches et pierre chaude. Les graves profondes livrent des blancs riches mais précis, au volume généreux et à la finale tendue. Un millésime lumineux, complet, au sommet de la typicité bordelaise.

Liquoreux

2005 figure parmi les très belles réussites du Sauternais. Le développement du botrytis a été régulier, favorisé par des alternances harmonieuses d’humidité et de soleil. Les vins allient puissance, équilibre et pureté aromatique. Le sucre se fond dans la matière, soutenu par une acidité fine. Les arômes d’abricot confit, de miel, de safran et d’écorce d’orange se déploient avec intensité. Des liquoreux amples et harmonieux, d’une noblesse rare.

Conclusion

2005 est un millésime d’exception : complet, homogène, intemporel. Les rouges conjuguent profondeur et fraîcheur, puissance et grâce. Les blancs atteignent une pureté exemplaire, les liquoreux allient intensité et équilibre. Bordeaux signe ici un sommet d’harmonie naturelle, sans artifice.

Un millésime à la fois solide et vibrant, déjà splendide, promis à une très longue garde. La perfection tranquille.

Le tour des appellations – Coups de cœur

(Sélection issue des dégustations primeurs)

Saint-Émilion : Pavie-Macquin, Larcis Ducasse, Clos Fourtet, Canon, La Gaffelière

Pomerol : La Conseillante, Gazin, Clinet

Castillon & Francs : Clos Puy Arnaud, Domaine de l’A, Joanin Bécot

Pessac-Léognan : Smith Haut Lafitte, Domaine de Chevalier, Malartic-Lagravière, Pape Clément

Saint-Julien & Pauillac : Léoville-Barton, Léoville-Poyferré, Gruaud Larose, Lynch-Bages, Pichon-Baron, Grand-Puy-Lacoste

Margaux : Brane-Cantenac, Rauzan-Ségla, Giscours

Liquoreux : Rieussec, Suduiraut, Coutet, Doisy-Daëne, Guiraud

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